Des femmes prient pour Haïti
Des femmes prient pour Haïti, Google

Au lendemain du 21 décembre 2012, date qui devait amener la fin du monde selon le calendrier maya, une femme adresse une prière à Dieu pour lui exprimer son mécontentement. Ne me demandez surtout pas à rencontrer cette dame car après l’avoir entendue, disons mieux réfléchi sa prière, je ne me souviens même pas de l’endroit où je l’ai rencontrée. Elle commence par cette rituelle multiplication de Dieu que je peine toujours à comprendre.

« Dieu trois fois saints », moi qui te connais comme un bienfaiteur, pourquoi tu m’as fait ce mal ? Regarde, je suis réveillée ce matin, pour la première fois de toute ma vie,  avec la joie au cœur, avec le sentiment que mon ventre est bien rempli, croyant que j’étais au paradis. Mais, lorsque j’entends les commérages de Fosia à l’extérieur je me rends compte que j’étais encore sur cette terre maudite. Car au paradis, je sais qu’il n’y a pas de place pour ce « pye lejè » (commérage).

Finalement je me rends compte, comme toi, que je n’ai fait que commencer à porter ma croix.

Grand Maître pourquoi en as tu décidé autrement ? Pourquoi n’as-tu pas mis fin a ce monde et du même coup mettre fin a ma misère ici bas ?

Contrairement à tout ceux qui s’inquiétaient de la fin du monde ce 21 décembre, j’étais prête à l’accueillir moi même. Oui Seigneur ! J’étais prête. Parce que définitivement je suis convaincue que ton plan pour moi est au paradis. D’ailleurs, dans l’une des chansons pour t’adorer, on l’annonce :

Se yon bèl palè kristal

Avèk anpil chèz an ò*

Bon Papa, rien n’est disponible pour moi sur cette Terre. Même le sommeil me fait défaut. Car dans ma petite maison avec son toit de passoire, la pluie est devenue mon pire ennemi. J’aurais préféré travailler pour pharaon tous les jours au lieu de me lancer dans cette tache ardue durant les nuits pluvieuses. Celle de libérer ma maisonnette de l’eau qui l’envahit. Sinon, je pourrai me réveiller le lendemain et me trouver dans une embouchure.

Le seul jour où je me rappelle avoir bien dormi, c’est à la suite de mon accident ce 28 août  A la veille de la réouverture des classes, je me débrouillais dans les rues pour envoyer mon garçon à l’école, lorsque j’ai eu cet accident. Je ne l’oublierai jamais et je te dis merci Seigneur de me l’avoir accordé.

Grâce à lui, j’ai été admise à un des hôpitaux de « gran zouzoune » (première classe) de Haïti et j’ai passé une nuit merveilleuse sur ces lits venant du ciel. Oui ! Ils étaient tellement… Je ne sais quoi dire tant je me suis sentie a l’aise sur ce lit, ils ne pouvaient venir des mains de l’homme méchant.

En plus de cette faveur, la dame m’a donnée 1000 Gourdes (17.96 Euros). Ce qui m’a permis d’agrandir mon petit commerce et d’acheter une paire de chaussures pour mon garçon. Sinon, mon petit garçon ne serait pas à l’école aujourd’hui.

Le président de la République m’a épargnée les 100 gourdes que je payais d’habitude à l’école nationale, mais il m’a fallu aussi des chaussures pour que mon fils puisse se rendre à l’école. Maintenant que tu décides de prolonger la vie de ce monde, Seigneur aurai-je le courage de vivre ? Quant au changement qu’avait annoncé le président lors de sa campagne, je n’en ai que 100 gourdes (1.80 Euros) pour une année. Donc mon seul espoir était de partir de ce monde.

Heureusement, j’ai comme président, l’éternel des armées !

Peut être que notre cher président oiseau doit en train de fêter en ce moment parce qu’il va poursuivre son « Vendée Globe » en avion.

Chaque jour est un véritable cauchemar pour moi Seigneur bon papa, en réfléchissant à mon fils qui ne va rien trouvé quand il revient de l’école. Personne ne voudra me vendre à crédit, car je dois à toutes les marchandes du quartier. En sachant que la fin du monde devait arriver  ce 21 décembre, j’avais ressenti la joie de quitter cette terre.

La joie d’aller vivre au près de toi mon Dieu et de finir avec les calamités que j’endure ici.

La joie d’être enfin considérée comme un humain que tout le monde respect.

La  joie de regarder à travers la fenêtre du paradis les méchants qui m’ont trompée, brûler en enfer. Aussi bien que l’homme qui m’a abandonnée avec cet enfant. Il n’a que les qualités de séduire les femmes et les emmener au 7e ciel. Oui ! Cela Seigneur je peux en témoigner. Je pourrai lui pardonner l’abandon mais jamais je ne lui pardonnerai de m’avoir privée de ses baises.

Je te prie au nom de Jésus

Amen

*c’est un beau palais cristal

Avec des chaises en or.

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Wilney Taris
Communicateur social, Wilney Taris a vu le jour dans la région nord d’Haïti. Il travaille comme attaché de presse et donne sa collaboration à Mélodie FM, une station de radio de la capitale. A travers ce blog, il souhaite partager avec vous sa façon de voir les choses dans son pays Haïti, la première république nègre indépendante du monde. Dans ses billets, l’emphase est mise sur la vie sociale, toutefois il peut varier ses sujets selon ses caprices
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