Vue partielle d’une de la ville du cap-haïtien suite au inondation(le nouvelliste)

La ville du Cap-Haïtien (située au nord d’Haïti) pleure. Ce front froid annoncé par les responsables de la météorologie n’a pas vraiment donné froid dans le dos à la population capoise. En effet, tout le monde s’est mis au lit tranquillement ce 8 novembre, pour réveiller avec une surprise macabre. La ville est inondée ! Plus d’une vingtaine de mort et plusieurs milliers de sans-abris.

Encore une fois la faute est à la dégradation de l’environnement. Pauvre environnement ! Comme s’il pouvait prendre les mesures pour s’empêcher de se dégrader. En fait, il ne peut rien dire pour se défendre, sinon j’imagine les questions qu’il poserait à ces beaux parleurs. Qu’avez-vous fait pour prévenir les dégâts ? Peut-être ces dignitaires vont prendre les Etats unis en exemple maintenant pour se faire bonne conscience. Car, dans les coulisses je commence déjà à entendre cette chanson que: « même les Etats unis n’ont pas pu épargner les dégâts de Sandy».

La deuxième ville d’Haïti n’est pas à sa première inondation. En novembre 2000, les malheureux de la ville se sont réveillés sous les eaux en regardant un enfant, un voisin ou un camarade qui nage au-dessus des eaux mortelles.  Dans la nuit du 21 au 22 décembre 2003, le constat n’était pas différent. Des milliers de personnes sont affectées. Ce 8 novembre vient  d’allonger la liste des soirées lugubres des gens de la ville appelée dans le temps « paris de Saint Domingue ».

Les capois se réveillent d’une nuit noire à un moment le pays à un gouvernement qui s’identifie par le rose et qui ne voit que tout en rose. Très rose ! « Haïti is open for business » (Haïti est ouverte aux affaires)

Une étude réalisée par le ministère de l’environnement en 2003 a révélé que la cité christophienne était « sujette aux inondations ». Félicitation quand même à cette équipe ! Elle n’a pas fait que mettre des plantules en terre tous les 1er mai de chaque année mais elle laisse un document.

Malgré les prévisions de cette étude, Aujourd’hui en 2012, toujours les mêmes causes : Les gens construisent n’importe où, il n’y pas de canalisations, la ville n’est pas drainée. Toujours les mêmes préoccupations: aucunes dispositions de secours, pas d’instance pour gérer les dons. Or, on n’en est pas à notre première expérience.

Nos hommes politiques, comme à l’accoutumer, envahissent toutes les stations de radio qui relayent l’information. Ils dénoncent. Ils proposent. Dans l’intervalle, ils attendent l’appel à une levée de fond pour manifester leur intérêt et montrer leur attachement au peuple avec les pitances qu’ils offrent.

Parallèlement, les familles continuent de pleurer leurs disparus et leurs morts, rien ne sera fait pour empêcher que la prochaine inondation ne fasse autant de dégâts. Les études resteront dans les tiroirs en attendant peut-être une autre pour célébrer la journée mondiale de l’environnement. Sauf ce dernier (l’environnement) qui dirait aux gens : Arrêter de me dégrader ! A la fin ce sera vous mes victimes ! Hélas ! Il n’a pas cette faculté malheureusement.

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Wilney Taris
Communicateur social, Wilney Taris a vu le jour dans la région nord d’Haïti. Il travaille comme attaché de presse et donne sa collaboration à Mélodie FM, une station de radio de la capitale. A travers ce blog, il souhaite partager avec vous sa façon de voir les choses dans son pays Haïti, la première république nègre indépendante du monde. Dans ses billets, l’emphase est mise sur la vie sociale, toutefois il peut varier ses sujets selon ses caprices
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